
Didier Tallec prépare un nouveau violon capable de relier sa pratique de musicien à ses études sur l'interaction entre les éléments. Les nouvelles technologies, mises au point à l'Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique-musique), notamment le logiciel Max/MSP, vont lui permettre de construire en temps réel des événements acoustiques à partir de centaines ou de milliers de grains sonores : la synthèse granulaire.
" Lors de mes stages à l'Ircam, j'ai vraiment craqué sur ce procédé qui permet d'intervenir à un niveau
microsonore, la zone de transition de la perception humaine ! Ainsi, d'oeuvrer sur des grains de sons, des nuages de sons !
Plusieurs compositeurs s'y sont déjà frottés : Xénakis, Stochkausen dans les années 70. C'était aussi le rêve d'Edgar Varèse
dès le début des années 20. Il avait prévu l'arrivée d'une musique nouvelle grâce à l'apparition des instruments électroniques...Mon objectif est donc de ré-inventer mon jeu. Mon violon sera doté de nouveaux micros et de capteurs MIDI. Branché sur l'ordinateur en temps réel, il me permettra de travailler aussi sur les micros intervalles sonores avec différents types de vibratos à la main gauche. Je découvre actuellement des travaux similaires chez des chercheurs comme
Curtis Roads ou Barry Truax qui sont également des compositeurs de "Soundscape" !
J'y trouve une vraie correspondance entre mes domaines d'activité : le paysage, la vidéo et la musique."